S’il y a bien une notion qui focalise l’attention de tout le monde ces dernières années, c’est bien la notion de développement durable. Elle concerne aussi bien les pays industrialisés, développés, que les pays non industrialisés. Le terme développement durable est la traduction française de la notion anglaise ‘’sustainable development’’ qui devrait se traduire par ‘’développement soutenable’’. Dans les tout débuts de cette notion, c’est d’ailleurs cette expression qui avait été utilisée.

Que recouvre à proprement cette notion ?

En clair, et avec des termes simples, la notion de développement est liée à la croissance économique des Etats en particulier des Etats en voie de développement. Le développement vise l’amélioration de la situation économique des pays.

Le développement durable est une notion qui implique la nécessité pour les Etats de concilier les indispensables politiques de développement ainsi que le droit pour les générations futures de jouir des richesses de la planète, au même titre que les générations présentes.

Nous n’avons pas le droit à quelque titre que ce soit et pour quelque raison que l’on pourrait considérer d’aliéner  définitivement les ressources de la planète et empêcher ainsi les générations à venir, d’en profiter.

Il faut donc trouver les moyens de concilier le développement des Etats qui bien souvent, passe par l’industrialisation et la consommation excessive des ressources de la planète.

La révolution industrielle amorcée depuis le XIXe siècle à engendrer un essor sans pareil pour la société. Ainsi la planète a connu un développement incroyable qui a provoqué un changement profond du mode de vie de la planète.

L’idée d’un développement tel que reçu depuis les années de la révolution industrielle, développement économique basé sur une industrialisation dans tous les domaines économiques, un accroissement des échanges économiques, une modernisation de l’agriculture, etc., a commencé à inquiéter les experts quant à la possibilité de l’épuisement des ressources de la planète.

En effet, avec le modèle de développement des sociétés humaines actuelles, les ressources de la plante ne suivent pas et à terme, il existe un risque pour les générations futures de ne pas jouir des ressources ou de toutes les ressources de la planète.

Il est donc nécessaire, de concilier les impératifs de développement et le droit pour les générations futures de jouir des ressources planétaires qui sont la propriété commune de toutes les générations humaines.

Il faut donc envisager un développement global, qui tient compte des différentes données sociales à savoir, l’économie, la société et l’environnement.

Ces éléments constituent d’ailleurs les piliers du développement durable.

Définition et aperçu du développement durable

Le développement durable est né du constat d’échec quant au mode de vie que nous avons adopté jusque-là.

En effet les ressources de la planète sont limitées et l’activité humaine a malheureusement un impact pas forcément positif sur la planète, sans compter le fait qu’en dépit de certaines politiques visant à limiter les naissances, la population mondiale ne fait que s’accroitre (on estime, en effet, à 9 milliards d’habitants, la population de la planète d’ici 2050.), de même que les échanges mondiaux.

Si rien n’est fait, il y a un risque certain que les générations futures manquent du minimum vital comme par exemple, l’eau potable, les soins de santé et l’éducation.

Dans la décennie 70 du siècle dernier, des experts tirent la sonnette d’alarme relativement au mode de vie de la société. En effet, tel que conçu, le développement actuel n’est ni équitable, ni favorable aux générations futures, compromettants leur droit à la jouissance des ressources de la planète.

Ainsi dans divers documents officiels internationaux va commencer à émerger, l’idée d’un développement qui promeut différents aspects de la société humaine ; l’environnement, l’économie et le social.

C’est en 1987 que va apparaitre la définition officielle du développement durable, dans un rapport de l’ONU.

Aux termes de ce rapport, dit rapport de BRUNTLAND, le développement durable est « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs« .

En d’autres termes, c’est la reconnaissance pour les générations présentes le droit au développement, le droit d’avoir un niveau de vie en adéquation avec les aspirations des peuples, le droit à un progrès à tous les niveaux, sans toutefois compromettre le droit légitime des générations futures à pouvoir utiliser les mêmes ressources planétaires afin de pouvoir satisfaire leurs besoins.

Or les ressources de la planète sont limitées. Il s’agit donc de trouver une sorte de compromis entre les deux générations, un pont qui permet de passer de la génération actuelle à celle à venir. Un compromis intergénérationnel, pourrait-on dire.

Le développement durable ainsi définit prend en compte l’idée de besoin.

Rappelons au passage que le besoin est ce qui est nécessaire au sujet concerné. Il existe de nombreuses classifications du besoin, mais il semble que les besoins à prendre en compte ici sont ceux qu’il convient d’appeler les besoins fondamentaux de l’être humain, à savoir, l’alimentation, la santé, le logement, la sécurité, etc.

La non-compromission de la capacité des générations futures à répondre à leurs besoins suppose, que nos techniques actuelles ainsi que l’état de notre organisation sociale influent sur notre environnement, limitant sérieusement l’aptitude de celui à se renouveler et donc à satisfaire à long terme, les besoins des générations futures.

Le terme ‘’développement durable’’ laisse supposer qu’il y a ou qu’il y eut un ‘’développement non durable’’. En effet, la révolution industrielle des années 1800 établit comme critère de croissance des critères purement macro-économiques, à l’échelle des pays.

À cet égard, le  PIB des pays est perçu comme le principal critère mesurable de la richesse des pays. Mais progressivement des corrections vont être apportées jusqu’à déboucher sur la notion de développement économique et social.

Mais vers le début des années 1970, les pays développés vont prendre conscience que les ressources naturelles, socle de leurs développement, étaient en fait limitées et qu’un autre aspect du développement avait été occulté, mis de côté ; l’environnement, qui est le bien commun de toutes les générations humaines.

Le développement durable est donc le développement qui prend en compte les trois aspects, à savoir, l’économie, l’environnement et le social. Ce sont d’ailleurs là, les trois piliers du développement durable.

Les piliers du développement durable

Le développement durable est fondé sur trois piliers interdépendants qui doivent être nécessairement pris en compte dans tous processus de développement des sociétés humaines

L’économie

Il s’agit ici de promouvoir des modes de production et de consommation durables afin de permettre le développement de la croissance et favoriser l’efficacité économique.

Rappelons que nous sommes encore et toujours dans une société de consommation, l’économie y occupe donc forcément une grande place.

Appliqué à l’économie, le développement durable implique la modification de nos systèmes de production en des systèmes plus respectueux de l’environnement et du social.

Les acteurs économiques sont appelés à promouvoir les systèmes qui ne favorisent pas la croissance économique au détriment de l’environnement et du social.

Le social

Le pilier social est encore appelé le facteur humain. Il s’agit ici de la prise en compte de toutes les couches de la société, surtout les plus défavorisées.

Le développement durable favorise l’inclusion sociale, en prenant en compte l’accès de tous aux biens et services, la lutte contre l’exclusion, l’amélioration des conditions de travail et de formation, etc.

L’environnement

C’est le pilier le plus important du développement durable, de sorte que ce dernier est parfois confondu au pilier environnemental.

Il s’agit à ce niveau d’éviter les actes nuisibles à la planète afin de permettre une régénération de notre écosystème ainsi que le renouvellement de la biodiversité et de la faune et de la flore de la planète.

Acteurs et enjeux du développement durable

Les acteurs

Nous sommes tous concernés par le développement durable. Rappelons-le, cette question intéresse l’ensemble de la plante. Aussi distinguons-nous divers acteurs dans le processus du développement durable.

L’organisation des Nations Unies a identifié 9 acteurs majeurs dans le processus du développement durable à savoir, les ONGs, les salariés et les syndicats, les collectivités territoriales, les entreprises et les industries, les communautés scientifiques et techniques, les enfants et les jeunes, les femmes, les peuples et les communautés autochtones.

Cela nous permet d’établir la classification ci-après ;

Les acteurs internationaux

  • Organisations Internationales

Il s’agit de l’ONU elle-même en tant qu’acteur principal, garant de la préservation des ressources de la planète (n’oublions pas que l’expression et la définition du développement durable sont nées sous l’égide de l’ONU dans un rapport officiel), ainsi que des structures  internationales travaillant sous l’égide de l’ONU. Il y a aussi des regroupements régionaux d’Etats comme par exemple, l’Union Européenne.

  • Les ONG internationales

On peut citer des ONG comme GREEN PEACE, et WWF qui œuvrent dans leurs sphères de compétence à la préservation de la nature et de ses ressources.

Les acteurs nationaux

  • L’Etat et ses démembrements

Les Etats sont les acteurs locaux principaux dans la mise en œuvre du développement durable. Ce sont en effet, eux qui sont en charge de la mise en place des politiques environnementales et économiques. On peut aussi citer ici les collectivités territoriales qui sont des démembrements des Etats.

  • Les ONG locales

Il s’agit des ONG interétatiques, qui œuvrent pour la préservation des ressources naturelles et environnementales

  • Les travailleurs et les syndicats

Par leurs luttes pour la prise en compte de leur droit et l’amélioration de leur condition de vie et de travail, ils contribuent à la réalisation du développement durable.

  • Les entreprises et les industries

Comme acteurs économiques majeurs dans le développement des Etats, ils sont incontournables dans la réalisation du développement durable.

  • les communautés scientifiques et techniques

Par leurs recherches et leurs expertises, par leurs connaissances de l’environnement, ils contribuent, souvent en tant que donneur d’alerte, à la préservation de l’environnement, et ainsi, à la prise en compte de l’aspect environnemental du développement durable.

  • Les peuples

La recherche de la satisfaction de leurs intérêts pousse les décideurs à la socialisation des politiques économiques et favorise ainsi l’aspect social du développement durable

  • Les communautés autochtones

Quasi-propriétaires des ressources naturelles locales, leur apport et leur prise en compte est très important pour la réalisation des objectifs de développement durable.

Les enjeux du développement durable

Rappelons-le, le développement durable à une base triple ; l’aspect économique, social et environnemental.

Les enjeux du développement durable visent ainsi :

  • sur un plan social, à la réduction des inégalités sociales et à favoriser l’accès de tous aux biens essentiels et vitaux tels que l’alimentation, la santé, mais aussi au respect des droits humains
  • Sur un plan écologique ou environnemental, lutter efficacement contre les changements climatiques, et la diminution des ressources naturelles, ainsi que la destruction de la biodiversité
  • Sur un plan économique, favoriser une économie plus juste, plus ‘’verte’’.

Conclusion

Au total, notons que le développement durable est un développement global, tridimensionnel : « il doit être économiquement efficace, socialement équitable et écologique tolérable« .